Dieux du sexe !

Dieux du sexe !

Eros, le dieu aux trois sexes
Eros, Augustin-Félix Fortin. Crédit Los Angeles County Museum of Art

Qui a dit que les hommes étaient à l’image des dieux ? Ne serait-ce pas plutôt l’inverse ? Aux êtres humains, les divinités empruntent souvent les mêmes traits de caractère et petits défauts, comme celui d’aller batifoler à gauche ou à droite quand l’occasion se présente. Le grand Zeus est un spécialiste de la chose. Quand il ne lutine pas une déesse ou une nymphe, il jette son dévolu sur une belle mortelle. Si certains dieux aiment s’envoyer au septième ciel, où ils sont pourtant déjà censés se trouver, d’autres font de l’amour une spécialité, disons, professionnelle. Il n’y a quasi aucun panthéon digne de ce nom qui ne compte au moins une divinité de la fertilité, de la passion ou de la bagatelle.

Un dieu à trois sexes !

Prenez Éros, qui en plus d’être beau comme un… dieu, possède trois sexes : féminin, masculin et hermaphrodite. C’est évidemment bien pratique quand on se veut le symbole de l’amour sous toutes ses formes. Tantôt fils adultère de la belle Aphrodite, autre divinité grecque des plaisirs de la chair, tantôt à l’origine de tous les autres dieux, Éros a également deux visages : l’Éros qui sème à tout vent et pour qui tout fait farine au moulin, homme ou femme ; et l’Éros fidèle, cosmique même, épris de beauté, qui n’aime que le sexe masculin. Nous sommes dans la Grèce antique, ne l’oublions pas. On voit d’ailleurs souvent Éros représenté sur des vases, un lièvre à la main, le lièvre étant chez les Grecs d’alors le cadeau par excellence de l’éraste à son jeune amant. À noter que ce n’est que chez les Romains qu’Éros, devenu Cupidon, prendra les traits d’un angelot joufflu nettement moins suggestif.

Pas de vierges au Walhalla

Les compatriotes d’Ulysse ne sont bien sûr pas les seuls à porter un culte à l’amour et à ses divinités. Le panthéon scandinave compte par exemple une divinité tutélaire du mariage et de la maternité, la grande Frigg, épouse d’Odin, mais aussi une déesse de l’attirance amoureuse, de l’érotisme et de la fertilité, en la personne de Freya, curieusement aussi déesse de la guerre. Un sex symbol que cette grande blonde aux yeux bleus, dont on dit qu’elle possède un collier magique fabriqué par des nains, qui rend tous ceux qui la contemplent, hommes ou dieux, incapables de résister à ses charmes. Même certains géants, disent les légendes nordiques, aimerait bien lui faire son affaire. Ce ne sont d’ailleurs pas les amants qui lui manquent. Freya a même couché avec les quatre artisans nains qui ont façonné son collier ! La plus coquine des déesses scandinaves est évidemment Lofn. Là où Freya se contente de susciter l’attirance entre tout un chacun, la douce et tolérante Lofn a quant à elle le pouvoir de mettre ensemble les hommes et les femmes à qui le mariage est normalement interdit (lisez, notamment aux couples illégitimes). Cela en fait une déesse fort appréciée des Scandinaves de l’époque.

Un sex symbole de déesse à qui personne ne résiste, même les nains et les géants !
Freja (ou Freya), par John Bauer (1882-1918). Domaine public.

Divine luxure

Tlazolteotl, la déesse des caresses bucco-génitales
Statue Huaxtec de Tlazolteotl. Crédit British Museum.

Ailleurs aussi, d’autres dieux et déesses s’occupent activement des coucheries en tous genres des simples mortels. Dans la mythologie aztèque, Tlazolteotl est par exemple associée à la luxure, au péché de chair, aux amants adultères ainsi, bien sûr, qu’aux accouchements. Un job à temps plein, à n’en pas douter. On l’appelle aussi la « mangeuse d’immondices », car selon la légende elle dévorerait toutes les impuretés accumulées par l’âme du mourant avant qu’il ne trépasse. Selon d’autres sources toutefois, son nom pourrait provenir des caresses bucco-sexuelles qu’elle prodigue avec plaisir au fameux dieu serpent Quetzalcoatl.

 

Tantra, tantra pas ?

S’il est une civilisation où le sexe est susceptible d’avoir sa divinité, c’est bien celle de l’Inde. Un culte très sympathique y est ainsi voué à Kâma, dieu du désir amoureux. Comme Éros, il utilise un arc et des flèches pour répandre l’amour. Il est aidé dans sa tâche par sa compagne, la très sensuelle Rati, déesse des plaisirs du lit. Selon la légende, c’est grâce à l’une des flèches de Kâma que le dieu Shiva finit par s’éprendre de la belle Pârvatî, autre déesse hindoue. Tous deux se livrèrent ensuite aux plaisirs de l’amour charnel durant mille ans ! Cupidon peut donc aller se rhabiller.

Découvrez plus d’anecdotes dans mon livre Les Érotiques de l’histoire, éditions Jourdan. En vente en librairie, ainsi que sur Amazon, Club, Chapitre

 

 

Laisser un commentaire