Seins dessus dessous

Seins dessus dessous

Petits ou gros, nus sur la plage ou moulés sous un chemisier échancré, les seins n’ont pas leur pareil pour capter le regard des hommes et les rendre fous de désir. Mais la poitrine, c’est aussi une fabuleuse zone érogène avide de caresses. Petite plongée dans le décolleté des femmes.

Quand il s’agit de distinguer les femmes des hommes au premier coup d’œil, deux légers détails font en général la différence : les seins ! Inexistants chez les messieurs, sauf troubles hormonaux rares (*), ils revêtent par contre la forme de deux superbes globes mammaires chez les femmes. Mais un sein c’est quoi ? Des glandes mammaires proprement dites bien sûr, pour la lactation, du tissu conjonctif fibreux pour le soutien, pas mal de graisse aussi et une délicate aréole ainsi qu’un téton pour couronner le tout. Principale utilité, permettre l’allaitement du bébé. A priori, rien de bien de sexy. Et pourtant les doudounes font fantasmer la presque-totalité de la population masculine depuis l’aube des temps. Aucune autre espèce de mammifère ne semble avoir développé un attrait érotique aussi fort pour ces délicieuses rondeurs. Madame homo sapiens est aussi la seule à exhiber des mamelles sur-gonflées en permanence. Un hasard ? Peut-être pas. Plusieurs théories ont même été avancées pour expliquer cette sénomanie passionnée et l’existence des roploplos. Pour Desmond Morris par exemple, l’adoption de la station debout par l’être humain aurait mis la poitrine sur le devant de la scène. Les seins devenus plus visibles seraient devenus aussi attirants que les fesses pour nos lointains ancêtres. L’évolution aurait fait le reste en privilégiant les femmes qui avaient la poitrine la plus développée de façon permanente. Cette théorie, et d’autres, ne convainc pas tout le monde. L’attrait de ces messieurs pour ces appas féminins n’est d’ailleurs pas nécessairement universel. On connaît en tout cas des peuples où les femmes se promènent la poitrine à l’air sans que cela émeuve le moins du monde leurs alter ego masculins ! La fascination masculine pour les seins reste donc encore bien mystérieuse.

Le sein dans l’histoire

Agnès Sorel lançant la mode du demi-décolleté. Anonyme.

Au fil de l’histoire, l’idée qu’on se fait d’une belle poitrine évolue d’ailleurs beaucoup. Dans la Crète antique, les femmes se déplacent… seins nus et arborent un décolleté à faire pâlir Pamela Anderson elle-même. Leurs seins sont ainsi mis en valeur par une guêpière torride, enserrant la taille et relevant la poitrine. En Grèce et à Rome, changement de registre. Les gros nénés ne font plus recette et le buste se cache à nouveau. Obsédés par l’harmonie, les Grecs n’aiment pas les seins tombants, comme les Romains d’ailleurs, qui emprisonnent les appâts de leurs femmes dans une bande de tissu pour en freiner la croissance, voire dans une sorte de soutien-gorge de cuir mou chargé d’écraser la poitrine des matrones. Bonjour l’érotisme. En Europe, après avoir été absents durant tout le Moyen Âge, les décolletés pigeonnants et aguicheurs vont cependant refleurir au XVe siècle et plus tard, sous le règne du roi Soleil, fervent amateur de la chose. La mode est à nouveau aux poitrines généreusement offertes aux regards concupiscents des mâles. Le XXe siècle va voir tour à tour l’alternance des œufs sur le plat, comme durant les Années folles avec les garçonnes, et des pin-up à la poitrine opulente et abondamment dévoilée. Depuis, les canons de beauté semblent osciller entre ces deux extrêmes. Tout autant que le goût des hommes en la matière, quoiqu’on en pense. Il y a, certes, les inconditionnels du néné survitaminé, naturel ou pas mais aussi des amoureux des poitrines menues. Et il en va de même en matière de forme. Coniques, en forme de poire ou plus aplatis, il y en a pour tous les goûts… et toutes les mains. La création du Wonderbra a de toute façon mis tout le monde d’accord en permettant aux petits seins de ne plus être complexés par leur taille. Des seins qui, si l’on en croit les chiffres, ont d’ailleurs eu tendance à prendre du volume. En quinze ans, ils auraient gagné une taille de soutien-gorge aussi bien en profondeur qu’en tour de poitrine !

Cravate de notaire

Mais le sein n’est pas qu’une merveilleuse machine à fantasmes. C’est aussi une zone érogène de toute première importance, riche en terminaisons nerveuses. Beaucoup de femmes, mais pas toutes, adorent qu’on leur caresse la poitrine durant les préliminaires. Chez certaines, l’endroit est tellement sensible que quelques papouilles suffisent à déclencher chez elles une forte excitation sexuelle, voire à les mener carrément à l’extase ! À condition de savoir s’y prendre avec tendresse et retenue, toutes les caresses sont permises : baisers, succions du mamelon, léchages voluptueux, pincements, et mordillements légers, pétrissage d’un sein ou des deux en même temps. Pour varier les plaisirs coquins, on pourra aussi passer un glaçon sur l’aréole et observer avec gourmandise les mamelons se dresser sous l’effet du froid et de l’excitation. Les seins se prêtent également à toutes sortes d’autres fantaisies sexuelles. Exemple : la fameuse cravate de notaire, plus vulgairement appelée branlette espagnole, qui consiste à masturber le pénis entre les deux seins d’une femme. Une caresse très érotique qui pour être réussie et agréable demande tout de même une poitrine assez développée. Alors, place aux seins !

Crédit : Jerzy Gorecki.

Tout sur le sein

  • La taille des seins devient en général définitive deux ou trois ans après l’apparition des règles. Mais leur développement précède parfois l’apparition de celles-ci.
  • Les petits seins sont aussi sensibles aux caresses que les plus imposants.
  • Le potentiel de lactation des seins n’a rien à voir non plus avec leur taille.
  • Le poids moyen d’un sein est de 500g. Mais le même peut aller jusqu’à 800 ou 900g au cours de la grossesse. Durant cette période, le volume des doudounes peut également tripler.
  • Les deux seins sont rarement symétriques.
  • L’aréole mesure en moyenne 4 cm de diamètre. En son centre, le mamelon, ou téton, est la partie la plus érogène du sein.
  • Les experts en lingerie estiment que 80 % des femmes portent une mauvaise taille de soutien-gorge.
  • Plus de quatre millions de soutiens-gorge sont produits chaque jour dans le monde !
  • Les hommes sont aussi pourvus de glandes mammaires ! Et cela dès avant la naissance. Mais elles restent en principe immatures tout au long de leur vie. Il arrive cependant qu’elles se développent toutes seules ! C’est surtout vrai chez le nouveau-né, au moment de la puberté et après 50 ans. Le phénomène finit en général par s’estomper plus ou moins rapidement chez les bébés et chez les adolescents.

(*) C’est ce qu’on appelle la gynécomastie.

Sources

Natalie Wolchover, Stephanie Pappas, New Theory on Why Men Love Breasts. www.livescience.com

Gynécomastie : ces hommes qui ont des seins. www.allodocteurs.fr

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