French kiss et big bisou

French kiss et big bisou

Le baiser, art érotique

Du très chaste bisou au patin le plus torride, le baiser est à lui tout seul un pan entier de l’art érotique. Mais on ne s’est pas toujours embrassé et on ne pratique pas le baiser partout.

D’où vient cette très agréable habitude de poser ses lèvres sur celles de l’être aimé ? De la nuit des temps, soutiennent les ethnologues. Selon eux, ce geste affectueux serait un prolongement de l’ancestrale becquée, lorsque les mères mâchaient la nourriture de leur bébé et l’introduisaient avec leur bouche entre les lèvres de l’enfant. L’expression se bécoter aurait donc une part de vérité. Quant au bisou sur les joues, il viendrait de ces mêmes temps reculés où l’on se reniflait et léchait le visage pour se reconnaître entre membres d’un même clan. Mais qui alors a inventé le baiser amoureux ? Personne ne le sait. On en trouve des traces notamment dans la Bible, qui l’évoque d’ailleurs de nombreuses fois, notamment dans le torride Cantique des cantiques. Mais le berceau du bisou pour le monde occidental semble bien être la Perse. À l’époque, il se pratique aussi entre hommes. De là, la tradition passe en Grèce et surtout à Rome, où elle prend un visage plus sensuel et où elle connaît un énorme succès. On se fait énormément la bise sous l’Empire, trop même au gré de certains qui condamnent, et oui déjà, cette dégoûtante habitude. Jusqu’au Moyen Âge, le baiser reste pourtant avant tout un rite social, un geste d’allégeance ou d’amitié. La révolution du baiser viendra avec la Renaissance. Quittant la scène publique, il devient un geste intime, celui que les amants s’échangent.

Le B.a.-ba du baiser

Apparemment, rien n’est plus simple que d’embrasser, rouler une pelle, se sucer la pomme. Le baiser, c’est pourtant tout un art, qui s’acquiert avec l’expérience. Sensuel, langoureux, pénétrant, suçotant, intense, baveux, grinçant, mordillant, il existe presque autant de baisers que d’amants ou de circonstances. Dans son livre, « Le traité des caresses » (éd. Flammarion), le Dr.Gérard Leleu en recense vingt-huit, qui ne se donnent pas tous sur les lèvres… Quant au Kamasutra, il lui consacre un chapitre entier, c’est tout dire. Faut-il embrasser avec ou sans la langue ? Le vrai baiser amoureux se conjugue en tout cas avec cet appendice, car les lèvres, la langue et la bouche, sont parmi les zones les plus innervées du corps, et leur stimulation mutuelle procure des sensations parfois inoubliables. Et alors qu’un tendre bisou ne met en jeu que douze petits muscles, rouler fougueusement une pelle en mobilise vingt-neuf, soit apparemment de quoi brûler deux à trois calories par minute. C’est nettement moins que la marche à pied mais c’est sans doute plus agréable !

Baisers d’ici et d’ailleurs

Certains peuples résistent pourtant encore et toujours à cet envahisseur de bisou. Ainsi, certains peuples africains évitent tout contact buccal, de peur dit-on d’avaler l’âme de leur partenaire. Le baiser papou consiste lui à couper délicatement les cils de l’être aimé entre ses dents, tandis que dans les mêmes circonstances, les Inuits se tirent la langue et les Tahitiens se frottent le nez. On remarquera qu’aux USA, le patin amoureux est dénommé french kiss, alors qu’en France, il fut longtemps qualifié de baiser florentin. L’obsédé, on le sait, c’est toujours l’autre.

Ils ont dit :

  • Un baiser légal ne vaut jamais un baiser volé. (Guy de Maupassant).
  • Quand on donne un baiser à quelqu’un, c’est qu’on avait envie d’être embrassé soi-même. (Sacha Guitry).
  • Il ne faut pas courir deux lèvres à la fois. (Balzac).
  • Baiser de la bouche et des lèvres, Où notre amour vient se poser, Plein de délices et de fièvres, Ah ! j’ai soif, j’ai soif d’un baiser ! (Gérard de Nerval).
  • Un baiser est un tour délicieux conçu par la nature pour couper la parole quand les mots deviennent superflus. (Ingrid Bergman)

Pour mieux (s’) embrasser :

– Un site : http://lebaiser.free.fr/index-2b.html

– Petite encyclopédie du baiser. Jean-Luc Tournier. Ed. Favre. 12 €.

– Le livre du baiser. Martine Mairal. Ed. Calmann-Levy. 15,50 €.

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