Neuf mois sans émois ?

Neuf mois sans émois ?

sexe durant la grossesse
Vivian Chen

La grossesse, ça vous change souvent une vie de couple. D’amants vous voilà en passe de devenir (futurs) parents. Mais justement. Que deviennent le désir et le sexe durant cette drôle de période ?

La grossesse est un moment un peu à part dans la vie d’un couple. Le bonheur, l’enthousiasme, y sont inextricablement mêlés aux angoisses, aux doutes. C’est aussi une période de profonds bouleversements physiologiques, principalement chez la future maman. Tout ça a évidemment des conséquences sur la sexualité et le désir du couple. Mais à quel point ?

Elle

Globalement, grossesse rime plus souvent avec bromure qu’avec luxure. Une étude canadienne portant sur plus de mille femmes a, d’ailleurs, décrit une baisse de désir chez plus de la moitié d’entre elles, 56% pour être précis. Mais comment succomber à l’appel de la chair quand on ne pense qu’à dormir, qu’on à les seins qui tirent ou que des envies de faire pipi ou de vomir vous prennent de façon intempestive ! Les changements hormonaux n’arrangent rien, ni la prise de poids. Pas facile non plus d’accepter le désir de l’autre, quand on a l’impression, fausse, de ressembler plus à Barbamama qu’à Monica Belluci. Une série de facteurs psychologiques et inconscients peuvent également perturber, parfois durablement, cette absence de désir. Des peurs conscientes ou inconscientes sont souvent présentes comme, notamment celle de blesser le fœtus, voire, plus rarement, une aversion pure et simple pour tout ce qui concerne la bagatelle.

Fringale sexuelle

Pas de panique, pourtant. La grossesse ne s’assimile pas à un long fleuve tranquille parsemé de quelques rares caresses platoniques. Et si 56% des femmes connaissent une baisse de leur libido, un bon nombre ne voient pas de différence. Certaines sont même plus coquines qu’avant ! C’est particulièrement vrai une fois passée la fatigue et les nausées du premier trimestre. Pleinement épanouies, certaines femmes affichent alors fièrement leur corps et érotisent la grossesse pour le plus grand plaisir de leur partenaire. C’est aussi le moment où, sous l’action de certaines hormones, comme l’œstradiol, la libido de la femme enceinte reprend vigueur. Certaines femmes connaissent même alors une véritable fringale sexuelle. L’explication est hormonale, mais aussi physiologique. Durant le second trimestre, la grossesse entraîne notamment une augmentation de la vascularisation de la zone du petit bassin et des organes génitaux. Cet afflux de sang favorise la lubrification du vagin, la sensibilité du clitoris et des lèvres, l’excitation et décuple le plaisir au final !

Lui

Mais durant la grossesse, la libido des hommes peut aussi jouer aux montagnes russes. Certains adorent voir le corps de leur compagne se transformer, gagner en centimètres, surtout au niveau de seins, et n’en éprouve que plus d’amour et plus d’envie. Chez d’autres, l’inquiétude au sujet de la santé de la mère, de l’enfant, et de la paternité aura plutôt des effets démobilisateurs ! À l’image des femmes, certains manifestent même une répugnance physique, qui les empêchent, temporairement, on vous rassure, de fantasmer sur leur partenaire. Plusieurs études font également état de modifications hormonales chez les messieurs dont la compagne est enceinte. Les médecins ont ainsi relevé chez les hommes des baisses substantielles des taux de testostérone et d’estradiol, mais pas des taux de cortisol ou de progestérone. Pas facile de toute façon d’être l’amant d’une femme enceinte. La concurrence est rude. Durant toute la grossesse, les femmes ont en effet tendance à fantasmer l’enfant, l’idéaliser, voire à l’érotiser inconsciemment. Solution pour le compagnon, sortir la femme de cet isolement, tout en restant patient et compréhensif.

Préserver l’intimité

Moralité, ni les hommes, ni les femmes, n’ont d’emprise sur leur désir. Il s’agit d’un élan incontrôlable, et pour une bonne part incompréhensible. Faut-il pour autant durant la grossesse, se contenter de la masturbation ou de la contemplation des cours de bourse (au singulier évidemment) ? Pas nécessairement. L’absence ou le manque de désir n’empêche ni la tendresse, ni les caresses plus ou moins appuyées. Mieux vaut d’ailleurs essayer de préserver une intimité sexuelle entre les partenaires. Plus on laisse de place à celle-ci durant la grossesse, plus le désir a des chances d’être préservé après l’accouchement. Mais ça, c’est une autre histoire.

Quelles positions ?

Contrairement à une idée reçue encore vivace, le sexe et la pénétration ne présentent aucun risque pour la santé du fœtus. Hors rares contre-indications médicales en tout cas.  Bien à l’abri dans l’utérus de sa mère, baigné de liquide amniotique, le bébé ne craint absolument pas les va-et-vient du pénis dans le vagin. Non seulement le sexe n’est-il pas déconseillé durant la grossesse, mais il est même vivement recommandé par les gynécologues ! Toutes les positions sexuelles peuvent être envisagées, à partir du moment où elles ne procurent aucun inconfort. Certaines femmes peuvent cependant trouver désagréables les pénétrations un peu trop profondes. Elles éviteront alors la levrette pour lui préférer une position comme l’Andromaque. Celle-ci les place à la manœuvre et leur permet de maîtriser plus facilement la profondeur de pénétration ! Des seins tendus ou douloureux, un ventre trop proéminent, peuvent rendre le classique missionnaire un peu compliqué. Si c’est le cas, les positions dans lesquelles les deux partenaires sont allongés sur le côté, comme les cuillères, sont de bonnes alternatives. Sexe oral, anal (sauf en cas d’hémorroïdes) et masturbation sont aussi des options possibles.

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