La vie sexuelle de Catherine II

La vie sexuelle de Catherine II

Surnommée la « Messaline du Nord » par ses détracteurs, Catherine II de Russie n’est pas qu’une des plus grandes souveraines de l’histoire. C’est aussi une femme à l’esprit libre qui a vécu, régné et aimé comme un homme. On lui prête une vingtaine d’amants officiels. Et un tempérament de braise !

La vie sexuelle de la Grande Catherine
La jeune Catherine, lors de sa première année de mariage. Louis Caravaque, 1745.

Les vraies histoires d’amour commencent toujours après quarante ans, a dit un jour la Grande Catherine, qui en la matière parle plutôt en connaissance de cause. Il faut dire que la vie amoureuse de Catherine II ne commence pas sous les meilleurs auspices. Fille d’un principule allemand, cultivée, dotée d’une intelligence rare, elle hérite d’un époux instable, sadique (il torture les chiens et les chats !), buveur, et impuissant par-dessus le marché. Immaturité sexuelle, phimosis handicapant, on s’interroge encore sur la défaillance virile du futur Pierre III, alors que des rumeurs courent déjà sur la sexualité précoce de la jeune princesse, 16 ans lors de son mariage. Toujours est-il que lorsqu’on la questionne le lendemain sur sa nuit de noces, Catherine ne trouve rien à raconter ! Le couple, qui ne couche quasi pas ensemble, mettra d’ailleurs neuf ans pour avoir un premier enfant. Encore n’est-il pas du tout sûr que ce rejeton soit vraiment du futur tsar, mais plutôt du premier amant de Catherine, le sémillant Serge Saltykov. Certains insinuent même que celui-ci aurait été mis dans le lit de Catherine par la tsarine en titre elle-même, Elizabeth1re, soucieuse de procurer un héritier au trône.

Sélection impériale

La vie amoureuse de Catherine de Russie
Caricature irrévérencieuse de Catherine II. Crédit BNF – Gallica

Pour Catherine, Saltykov n’est que le premier d’une longue série de conquêtes masculines, qu’elle couvre d’honneur et d’argent, mais maintient le plus souvent éloigné du pouvoir. En un demi-siècle, elle jettera son dévolu sur vingt et un voire vingt-deux amants. Du moins ceux dont l’histoire a officiellement retenu les noms. Car Catherine a du tempérament et ses désirs sont autant impériaux qu’impérieux. On le lui reprochera souvent. C’est qu’il ne fait pas bon être une femme libre et indépendante dans un siècle d’hommes. A-t-elle fait défiler l’ensemble de sa garde en érection devant elle, comme l’affirme une des nombreuses rumeurs qui courent à son sujet ? Probablement pas. D’autres anecdotes révèlent cependant une femme à la libido débordante. Elle-même avouera, dans une de ses lettres, avoir une sensualité sans fond. Mais Catherine II de Russie n’a pas qu’un fameux appétit sexuel, c’est aussi une amoureuse passionnée, même si elle ne reste jamais longtemps entichée du même homme ! Hommes qu’elle choisit d’ailleurs beaux, intelligents et de plus en plus jeunes avec les années qui passent. Une fois son dévolu jeté sur un prétendant potentiel, elle fait d’abord examiner celui-ci sous toutes les coutures par son médecin, puis fait tester ses capacités physiques par une de ses dames d’honneur. Si le rapport est positif, l’élu prend possession le soir même d’un appartement contigu à la chambre de l’impératrice, qui l’a ainsi à disposition quand elle le souhaite. Et elle souhaite semble-t-il souvent.

Mort au lit d’honneur !

Le bel Alexandre Lanskoï, peut-être mort d’avoir voulu satisfaire sa souveraine et maîtresse. Auteur anonyme.

À Saltykov succède donc notamment Stanislas Poniatowski qu’elle impose comme roi de Pologne, remplacé ensuite par Grigory Orlov, superbe gaillard athlétique qui l’aide à renverser Pierre III et lui donne un fils illégitime (il y en aura d’autres), auquel succède bien sûr le fameux Grigory Potemkine, sans doute l’un de ses plus grands amours, qu’elle rencontre à l’âge de 44 ans. Si leur liaison ne dure guère, Potemkine va rester son conseiller et ami jusqu’à sa mort. Il va même, dit la rumeur, jusqu’à approvisionner Catherine en étalons performants ! En 1778, l’un de ses amants, le bel Alexandre Lanskoï, meurt subitement :  d’un accès de diphtérie disent les uns, d’un abus d’aphrodisiaques disent les autres. Catherine est désespérée. Elle va cependant revivre un nouveau grand amour avec Platon Alexandrovitch Zoubov, son dernier favori. Il a vingt-sept, elle en a trente-huit de plus !

La chambre des plaisirs !

Une légende tenace veut que la Grande Catherine ait fait aménager un cabinet de débauche dans ses appartements. Garni d’objets coquins, il lui aurait permis de satisfaire ses fantasmes sexuels les plus torrides. La thèse a été relancée par le documentaire (*) du germano-belge Peter Woditsch, lequel montre, entre autres, une table ancienne qui aurait appartenu à Catherine et sculptée de motifs on ne peut plus explicites : verges turgescentes, seins, jets de sperme… Les historiens restent partagés. Le cabinet érotique de Catherine, ce qu’il contenait et ce qu’on y faisait, reste donc un mystère.

(*) The Lost Secret of Catherine the Great. www.deproductie.nl

 

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